mardi 29 mai 2007

Abou Dhabi, ville aux multiples visages, dynamique, visionnaire, cosmopolite

Exemple type de symbiose entre modernité et tradition, la capitale des EAU (j'ai toujours pensé que c'était Dubai, et je ne suis pas la seule!) mérite bien ce nom de ville aux multiples visages. Je viens d'y passer 12 jours et je me suis souvent posée la question: "ou suis-je?" En plein désert ou dans une des ces denses forets d'un coin d'Occident? Au palais des mille et une nuits, sous les magnifiques dorures de l"Emirates Palace, ou plutôt, a Broadway, en sortant de la salle de spectacle dudit hôtel après avoir été transportée par la magie du jazz grâce à la comédie musicale "Chicago"? Dans un parc fleuri de la capitale britannique ou dans une rue surpeuplée de Bombay? Au Japon, peut être, à admirer la dextérité d'un chef...philippin, bardé de couteaux aiguisés de toutes les tailles? Au Pakistan, dans chaque taxi? Au Canada? Au Caire?
Ville de tous les possibles, de tous les mélanges.
Ville de l'île de Saadiyat dédiée à l'art sous toutes ses formes et dans toute sa splendeur.
Ville des filles en mini jupes qui côtoient, dans les malls, les altières emirati drapées de leurs voiles noirs qui laissent discrètement deviner un jean brodé ou un nombril dénudé.
Ville de l'alcool qui coule à flots dans certains endroits, mais où il faut un permis spécial pour pouvoir acheter une bouteille de vin, et gare à celui, ou celle, qui se fait arrêter, pour une raison ou une autre, après avoir mangé un baba au rhum.
J'ai habité le quartier de Khalidia, convivial et pratique. J'y ai acheté de la labné et du pain arabe ainsi que le meilleur café, chez Maatouk, moulu sur place et de délicieuses mangues indiennes.
J'ai sillonné l'Abou Dhabi mall, de long en large et j'y ai découvert le café Alfredo, devenu mon QG pendant tout mon séjour: internet, délicieux espresso et musique latino a gogo.
Le Marina mall n'est pas en reste. On y a retrouvé Mahboob et son pick up à deux reprises, Camille et moi, après avoir traîné de lourds chariots de meubles destinés à son adorable appartement de l'immeuble Madi, entre Ikea et Home Center, non sans avoir admiré, entre temps, la magnifique fontaine centrale et avoir bu un café au Star bucks, sous un artificiel ciel nuageux.



J'ai déjeuné avec Camille, tous les midi, chez Ziara, restaurant libanais qui fait de la mouloukhie, du chiche barak, daoud bacha, kafta....de la vraie cuisine libanaise, quoi! Ou à l'Airlines Restaurant où l'on s'est délicieusement brûlé le gosier au chicken tikka massala.
Jeudi 24 mai. Faut-il reparler de cet horrible soir, de la chute de Camille à la piscine du Beach Rotana, de l'ambulance et de l'hôpital Khalifa? Peut-être juste pour mentionner le professionnalisme de Joseph Antoine et l'extrême gentillesse de Maral, Zeina et Georges.
Vendredi, samedi, week end calme à Abou Dhabi. Ah oui, parce que vendredi passé a été consacré à la mythique Dubai!
Dubai, donc. Où se dresse, sur sa propre île artificielle, un des plus hauts hôtels du monde, le splendide Burj Al Arab (321 mètres) qui ressemble à une immense voile blanche jaillissant des eaux bleues du Golfe.
Son contrepoint, sur le front de mer, est le Jumeirah Beach, en forme de vague.

Mall of the Emirates. Ski Dubai. Fascinant! Doudounes sur deshdeshes. 40 degrés a l'extérieur, -4, a l'intérieur. Le monde à l'envers, diraient certains. Mais pourquoi n'aurions nous pas la même réflexion face aux piscines chauffées des villes dont les températures peuvent atteindre - 30 et - 40 degrés au plus dur de l'hiver?
Mais Dubai, c'est aussi le quartier de Dira, loin des gratte ciel époustouflants, mélange de verre coloré et de béton, flambants neufs, des autoroutes aux voitures luxueuses, un charmant petit quartier indo pakistanais, populaire, fait de chair et de sang (et de sueur!) pittoresque et coloré.
A 4 heures de l'après midi, moment de prière au temple hindou, les petites échoppes se remplissent de paniers de fleurs et fruits à offrir en hommage aux Dieux.
C'est aussi l'adorable café Al Wakil, d'ou l'on peut admirer le gracieux, et savant, ballet des 3ebbaras tout en tirant sur son narguilé.
Mais retournons au calme, et néanmoins riche, week end d'Abou Dhabi.
Déjeuner au Bateen Marina avec Maral, Zeina et Coco H. Films nuls au Marina cinéma et Bollywood au cinéma National, après une virée chez Mansoor video, le mieux achalandé de tous les EAU. "Shoot out" nous a tenté avec son accrochant "based on true rumours", une trouvaille! Mais le film étant trop violant à notre goût du moment, on sort demander gentiment la permission, immédiatement accordée, de changer de salle. Et là, nous avons eu notre romance bollywoodienne, "Cheen Kum", dans laquelle le tragique destin de la petite Sexy nous a arraché des larmes.
A quelques rues de là, mais tellement ailleurs, un petit verre au Hemingway...
Sans aucune prétention de futurologue, je pense que ces pays du Golfe feront, de plus en plus, parler d'eux.
Chear up!
Le retour à Beyrouth s'est fait en chute libre, c'est le moins que l'on puisse dire, et cela n'a rien avoir avec les qualités indiscutables du pilote qui a posé son avion en douceur.
La chute vertigineuse, pénible et surtout douloureuse, est morale et tient au fait que les passagers ont été bousculés, que dis-je? Pratiquement écrasés par les gardes de corps d'une première dame qui rentrait aussi d'Abou Dhabi, dans l'allée centrale de l'avion, avant même de mettre pied à terre, dans ce pays que l'on ne peut s'empêcher d'aimer avec nos tripes mais dont on finit par se demander si lui nous aime.

Je viens d'apprendre que ces dix derniers jours de ce mois de mai 2007, le circuit Empire, dans tout Beyrouth, a enregistré 22 entrées dans les salles de cinéma.

2 commentaires:

Unknown a dit…

Comme c'est triste

Maya a dit…

Claude,
Je savais que tu aurais des choses exquises a dire sur ton voyage et, de ce fait, je verifias Borborygmus quasiment tous les jours. J'adore ta description, ca me donne envie de changer mon intineraire boulot-hotel-boulot que jai a Abu Dhabi. Tu te souviens de ce que tu avais dit sur le palmier plante au beau milieu du buffet du Beach Rotana ? "c'est trop kitsch" - Abu Dhabi, c vraiment kitsch